Ivre au volant, il avait tué un jeune cycliste à Pernes
L'attitude de Slimen Djebli avait choqué, au moment de l'accident qui avait coûté la vie à Christopher Delrue, âgé de 15 ans, le 23 septembre 2006 non loin de Pernes-en-Artois. Mardi le tribunal d'Arras l'a condamné à trois ans d'emprisonnement, dont un avec sursis.
L'affaire, jugée le 19 août, avait été mise en délibéré. Le parquet avait requis trois ans de prison ferme. S'étant donné le temps de la réflexion, les juges ont suivi ces réquisitions, assortissant toutefois les trois ans d'emprisonnement d'une année de sursis. Le permis de conduire de Slimen Djebli, responsable d'une entreprise de l'Auchellois âgé de 36 ans, a été annulé avec interdiction de la repasser pendant deux ans.
Voulait-il fuir ses responsabilités ?
La famille de Christopher, qui s'était constitué partie civile, a obtenu des dommages-intérêts allant de 20 000 E à 750 E . Un jugement qui n'a toutefois pas suffi à calmer la douleur de la famille. À la sortie du tribunal, la maman de Christopher disait ressentir « une grande colère » et se réservait la possibilité de faire appel du jugement.
Car dans ce drame, l'attitude de Slimen Djebli au moment de l'accident avait choqué. Le 23 septembre 2006, après un dîner arrosé, il se fait convoyer à son entreprise qui n'est distance que de 2,8 km de son domicile. Là, en état d'ébriété, il commet l'erreur de reprendre son 4x4 pour rentrer.
Avant Pernes, alors qu'il roule sur le CD 70, il percute un cycliste de 15 ans. L'attitude de l'auteur de cet accident semble indiquer qu'il aurait voulu fuir ses responsabilités. Aurait-il appelé les secours, près de dix minutes après le choc si un témoin ne s'était pas arrêté ? Pourquoi un de ses employés s'est-il présenté aux gendarmes comme le conducteur de la voiture alors que des témoins avaient vu le prévenu seul ? Comment expliquer ensuite son attitude déraisonnée, son « pétage de plomb » à l'arrivée des pompiers et militaires ? Il téléphone à un ami gendarme de Béthune. « De toute façon il est mort, on ne va pas me faire ch..., j'ai de quoi payer. » Des propos déplacés de la part d'un homme testé à 0,95 mg/l d'air (2 g) trois heures après l'accident. Un homme qui refuse le dépistage de stupéfiants et menace trois gendarmes lors de sa garde à vue.
« Vos excuses ne suffiront jamais... »
Lors de l'audience du 19 août, plus que des dommages-intérêts, c'est une peine ferme que les avocats de la famille de la victime demandaient à l'encontre du prévenu qui avait fini par demander pardon. La mère de Christopher avait, elle, lancé : « Vous n'êtes qu'un lâche, un manipulateur... Vos excuses ne suffiront jamais... ».